Marcher le Vieux-Nord de Sherbrooke de façon originale (2e partie)


Maires, juges, ministres, députés, notaires, avocats, riches commerçants : voici les types de métiers qu’occupaient les propriétaires anglophones des maisons cossues du Vieux-Nord vers la fin des années 1800. Si ça vous intéresse de marcher de façon originale les rues de Sherbrooke et d’en apprendre plus sur les débuts de la ville, rendez-vous à la Société d’histoire de Sherbrooke pour vous munir de la carte du trajet et d’un iPod. Par exemple, vous verrez où était située la Eastern Townships Bank, première banque régionale des Cantons-de-l’Est.

À travers le Circuit pédestre du Vieux-Nord,  j’ai pu me projeter dans le passé et presque y vivre, le temps d’un instant. Il y a aussi beaucoup de patrimoine architectural à découvrir, mais ça c’est un autre article complètement!

 

Rue des Abénaquis, lieu des loisirs

Trois endroits ont marqué mon imagination lors de ce périple à travers les rues du Vieux-Nord. Premier arrêt : la rue des Abénaquis, avec plus de 200 ans d’histoire. Autrefois, cette rue regroupait plusieurs activités : un petit bateau, L’Enterprise, offrait des excursions entre Sherbrooke et Bromptonville, le Rink Opera House, un anneau de glace l’hiver, se transformait en une salle de spectacle l’été, un relais, le Magog House, accueillait les diligences. On y trouvait aussi un club nautique, un club de curling ainsi qu’une  brasserie. « La rue des Abénaquis était un endroit où la bourgeoisie anglophone se réunissait », explique Marie-Eve Gingras, coordonnatrice à la diffusion de la Société d’histoire de Sherbrooke. Fait intéressant que Mme Gingras m’a appris : la rivière Magog, qui longe la rue des Abénaquis, faisait office de frontière entre les protestants riches d’un côte et les ouvriers catholiques plus pauvres de l’autre.

Rue Dufferin, lieu des affaires

Le deuxième endroit qui m’a propulsé dans le passé se trouve être la rue Dufferin. On ne le croirait pas à la voir, mais cette rue constituait l’artère commerciale de Sherbrooke, d’où son nom à l’époque, Commercial Street. C’était littéralement le centre de la ville.

Et que trouve-t-on dans chaque centre-ville? Une église, une caisse et un bureau de poste! C’est également ce que vous auriez vu en marchant sur la Commercial Street dans les années 1800. Vous remarquerez, l’enseigne de la banque est encore visible sur la magnifique bâtisse du 241 rue Dufferin, où se situe actuellement le Musée des Beaux-Arts. Pour ce qui est des églises, vous en croiserez deux datant des années 1855 et 1902 sur cette même rue. Et où était le bureau de poste? Je vous laisse le découvrir en effectuant le parcours du Vieux-Nord!

La prison Winter, lieu des règlements de compte

Le dernier endroit qui m’a envoyé dans la machine à remonter le temps est la prison Winter. En écoutant la capsule audio, on apprend qu’elle était reconnue comme la plus insalubre du Québec et que des pendaisons y ont eu lieu. Seul bémol : on ne peut la visiter. À quand un tour guidé de la prison?  « On espère la revitaliser dans un futur proche », me répond Mme Gingras.

Fatigués ou affamés?

Pour les amateurs de bonne bouffe et de café, vous croiserez, vers la fin du trajet, le café Pierre Jean Jase (au 550 rue de Montréal). C’est un bon endroit pour s’arrêter si la fatigue vous prend en fin de parcours (ou la faim!). Si vous préférez manger en plein air, vous pourrez vous arrêter sur le terrain de la prison, également en fin de parcours, où vous y trouverez une table à pique-nique.

Poursuivre le périple

Vous voulez continuer votre visite de Sherbrooke? Pssst…voici un scoop : cet été, une nouvelle application mobile sera lancée pour visiter le Grand Sherbrooke. J’ai déjà hâte de l’essayer!!! Et pour les mordus d’histoire comme moi, procurez-vous le Guide historique du Vieux Sherbrooke, vendu à la Société d’histoire au coût de 10 $. On y apprend plein de détails passionnants sur les débuts de Sherbrooke.