Cet été, osez le musée


Quoi, des poupées érotiques et des vaches se côtoient cet été au Musée des beaux-arts de Sherbrooke? Lu et vu de même, ça paraît étrange,  cette programmation fera sans doute un effet… bœuf! Aussi diamétralement opposés, les univers de l’artiste-peintre Éloïse Brodeur et photographe Jean-François Bouchard se marient pourtant ici à merveille dans une exposition fascinante où le visiteur se perd dans à la fois dans des regards de bovins et dans celui de femmes artificielles.

Commençons d’abord par les créatures de rêve exposées au deuxième pour l’exposition Still Life. Ici, on se faufile plutôt dans un monde, celui de ces hommes qui ont fait de poupées en silicone leur partenaire de vie. Véritable étude sur un phénomène sociologique isolé mais pourtant fort d’actualité, Jean-François Bouchard a photographié, de face et en gros plan, nombre de poupées qui confrontent le visiteur de leur regard vide.

Toutes différentes physiquement les unes des autres, uniques et authentiques, il s’agit ici non pas de  provoquer avec des images, mais bien de montrer un mode de vie qui lui peu choquer. Et si les images sont fortes et d’une qualité photographique exceptionnelle, ce qui frappe ici c’est la vie. À travers des citations d’hommes qui partagent leur quotidien avec des poupées en silicone, on entre ainsi dans un monde où la femme a été littéralement remplacée par des poupées grandeur nature. Parce que oui, pour certains, c’est aussi ça la vie.

Puis au rez-de-chaussée, ce sont d’autres paires d’yeux qui nous regardent, qui nous épient. Avec ses grandes vaches, Éloïse Brodeur utilise un motif récurrent, en l’occurrence des bovins, pour que le spectateur se questionne. Et ça marche. De toile en toile, on se demande ce qui captive tant cette vache. Comment s’appelle-t-elle? Que pense-t-elle? Qui est-elle? Sans oublier la réminiscence des bonnes vieilles visites à la ferme qui remonte peu à peu en nous.

Bref, encore une fois, tout se passe ici dans le regard… Où le regard se perd, voilà le titre de cette seconde exposition. Un nom et un sujet qui s’appliquent aux deux expositions estivales temporaires du Musée des beaux-arts de Sherbrooke. Oui, l’établissement de la rue Dufferin a osé entrer dans des univers encore peu explorés, mais l’impact de telles expositions rappelle que l’art fait réfléchir, trouble, déroute et choque et ça bien, ça fait du bien!

Et alors que les événements extérieurs battent leur plein, la visite du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, doublée d’un souper dans l’une des bonnes tables du centre-ville et de l’un des grands spectacle présentés à la place Nikitotek (dont Traces par Les 7 doigts de la main qui prend l’affiche du 18 juilet au 4 août) reste une excellente façon de découvrir Sherbrooke.

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